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Une mère
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- Catégorie : Chronique
- Date de publication : Février 2023
- Éditeur : Stylit
- Distributeur : Atramenta
- ISBN : 978-952-390-377-7
- Format : 148x210mm, 246 pages
- Pages : Noir et blanc sur papier bouffant 80g
- Reliure : Couverture souple, finition brillante
- 10 sur 10 (3 avis)
Présentation
Théo et Léo, élevés comme des jumeaux, sont maintenant de jeunes adultes. Clotilde ne reconnaît plus ses deux petits garçons et critique abondamment leurs distractions et surtout leurs relations amicales. Leurs expériences sentimentales aussi houleuses que douloureuses lui rappellent l’itinéraire qui fut le sien vingt-cinq ans plus tôt. Possessive et toujours anxieuse, elle a du mal à lâcher la bride à ses fils jusqu’au jour où ils sont envoyés au Maroc et au Brésil comme enseignants dans le cadre de la coopération. Deux pays où leur destin prend une direction inattendue. Il s’ensuit un échange difficile mais finalement fructueux entre Léo et sa mère qui le rejoint pendant les grandes vacances suivantes avec sa petite fille. Leur voyage à travers plusieurs régions de l’immense Brésil permet à Clotilde de découvrir des paysages fascinants et de s’intéresser de près à l’histoire de ses habitants.
Mots clés : mère, fils, Brésil
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L'avis des lecteurs
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Le titre du livre de Claudine Lux est approprié mais ne rend que partiellement compte de sa teneur. Pour en reprendre les deux termes, il s'agit bel et bien d'une mère, et non pas de la figure maternelle telle qu'idéalisée par des écrivains comme Albert Cohen ou Romain Gary. Cette maman singulière donc, à nulle autre exactement pareille, c'est Clotilde, l'alter ego de l'auteure, dont on suit le parcours de vie dans divers volumes de l'enfance à la maturité, comme « La Fenêtre rose », « Petites gens », « À l’ombre du tilleul et du marronnier », « Les Pérégrinations de Klaus et Clotilde », Approprié donc, ce titre est néanmoins incomplet : il y manque à mes yeux une composante importante, à savoir le Brésil, où la narratrice ira rejoindre son fils cadet et sa compagne. C'est un (long) épisode qu'on appréciera d'ailleurs beaucoup sachant que Claudine Lux, à l'instar des grands écrivains voyageurs (Edith Wharton, Isabelle Eberhardt, Cendrars, Kessel, Bouvier...), excelle à décrire les lieux qu'elle visite. On retrouve ici (comme dans « Au pays du maté doux-amer », « Sortilèges marocains », « Quiproquo au bord de la Mer Caspienne »...) son style à la fois simple et élaboré où la précision le dispute à la poésie. C'est à un généreux compagnonnage qu'elle nous convie à nouveau (cette fois à Rio, Brasilia, dans le Cerrado, …), avec en prime les considérations sociologiques, historiques et politiques dont elle a le secret.
Le côté le plus frappant de l'ouvrage cependant en est l'aspect que j’appellerais « chronique d'une mère exaspérée ». Éperdue, cette « maman poule » sent en effet ses deux grands fils, Théo et Léo, lui échapper et elle a le plus grand mal à l'accepter. S'ils sont de bons étudiants, Théo et Léo vivent désormais selon un système de valeurs qui n'a plus rien à voir avec celui que Paul, son mari, et elle, leur ont inculqué depuis l'enfance. Pire encore, ils ont chacun une petite amie avec qui ils se comportent d'une manière que Clotilde désapprouve, tout autant d'ailleurs qu'elle trouve à redire à la façon d'agir desdites compagnes, voire de leurs parents.
Bref, rien ne se passe comme elle l'espérait, et Clotilde, pour qui ses enfants comptent énormément (il y a aussi Estelle, la petite dernière), essaye de remettre tout ce petit monde « dans le droit chemin » : discussions sans fin et souvent stériles, coups de fil, lettres et autres interventions qui la plupart du temps restent lettre morte.
Ce n'est qu'à la fin de l'ouvrage, longtemps après son voyage au Brésil, qu'elle comprendra qu'il faut accepter ses enfants tels qu'ils sont et que pour trouver l'apaisement, il faut laisser le temps au temps : c'est en faisant leurs propres expériences que sa progéniture tracera son propre chemin.
En attendant, l'auteure se sera montrée, comme c'est toujours le cas s'agissant de Clotilde (double de Claudine), sans complaisance avec elle-même, exposant à égalité son côté lumineux (son idéalisme, son engagement, son esprit de découverte, sa volonté d'être mère au plein sens du terme, son sens des responsabilités) avec celui plus sombre de sa personnalité (angoissée, possessive, interventionniste, donneuse de leçons). Une dialectique passionnante car fondée sur le principe d'authenticité : jamais l'auteure ne dira la moindre chose qu'elle n'ait ressentie, jamais elle n'arrangera les choses pour correspondre à un schéma qui plairait aux lecteurs. Elle est comme elle est, autrement dit quelqu'un comme vous et moi, dont la personnalité complexe est faite de qualités et de défauts, d'articles de foi et de contradictions, tour à tour séduisante et irritante. Cette mère existe à nos yeux : quoi de plus précieux ?
« Une mère », la chronique d'un double voyage - dans l'intime et dans l'espace - , dont les deux cheminements cohabitent harmonieusement, est un livre hautement recommandable, comme tous ceux qu'écrit Claudine Lux. Ne vous en privez pas.
De toutes les périodes de la vie, celle où l’on voit partir ses enfants devenus grands est peut-être la plus difficile. C’est cette étape particulière dans la vie d’une mère qu’a choisi de raconter Claudine, à sa manière, en devenant son propre sujet d’observation.
Les moments plus ou moins compliqués traversés à ce moment-là, dans les relations avec les garçons ne sont pas sans rappeler les tensions avec sa propre mère et se répercutent aussi sur la vie de couple. Qu’est-ce que l’amour ? Se demande-t-elle tout au long de cette chronique mouvementée, et aussi : « comment se trouver » ? Deux questions qui, si l’on y pense, constituent bien le socle de notre existence. Et les réponses ne sont pas toutes faites.
Comment se trouver en effet, lorsque ceux qui restent « la chair et le sang » de leur génitrice, s’en détachent pour faire leurs choix, avec les écueils et les risques que cela comporte, choix discutables, échecs prévisibles. Cela pendant que leur mère ne vit qu’une longue angoisse ponctuée de crises qui culmine avec le départ pour le Brésil et un sentiment final de « dessèchement », qui n’est sans doute que provisoire.
L’autre question, c’est l’amour : amour maternel, filial, conjugal, fusionnel ou construit. Il est de presque toutes les conversations, notamment avec Marie, la compagne puis l’épouse de Léo. Comment ne pas s’étonner cependant de cette affirmation : « la passion, cela n’a rien à voir avec l’amour », alors que l’amour-fusion de la mère pour son fils éclate sous nos yeux, dans le récit qui est fait ? C’est une vérité banale, mais l’amour est sans doute l’expérience la plus partagée parmi les humains, et ce récit nous en donne la meilleure preuve. Alors, faut-il conclure avec Claudine que « être amoureux, ce n’est pas aimer » ? Personnellement, je ne m’y risquerais pas, mais j’ai trouvé dans ce récit véridique d’excellentes raisons d’y réfléchir.
La deuxième partie du livre semble d’ailleurs apporter des débuts de réponses à ces questions, à travers le voyage au Brésil. Le fait d’être transporté dans d’autres lieux, avec d’autres personnes, à une étape où certaines souffrances ont pu se dénouer, semble ouvrir des perspectives nouvelles. Nous devenons soudain spectateurs d’un monde exotique, comme seule Claudine sait le décrire.
Le point de départ de ce livre est la difficile et souvent douloureuse expérience de la maternité, mais la narratrice ne reste pas cramponnée à ses soucis, elle s'emploie à prendre de la hauteur et à dépasser sa personne pour tenter de comprendre autrui, en l'occurrence ses enfants devenus adultes et leur entourage.
La deuxième partie est un voyage dans le pays où le fils cadet accomplit son service civil de coopérant. On y retrouve le regard aigu de notre infatigable découvreuse, avide de comprendre toutes les facettes de la vie humaine, mais aussi de communier avec la respiration de la nature, l'immensité des ciels et des paysages.
Un bel enrichissement par rapport à la première version de l'ouvrage !